quinta-feira, 22 de fevereiro de 2007

Para o casamento da Pascale e do Fernando (pelo Chico Fialho)

Merci, Pascale!
Merci Fernando!
Quelle fête formidable! Bravo!

Je vais pas faire un discours mais j'ai quelques mots à vous dire.

Pour nos amis belges, nous sommes des gens du sud.
Mais pour nous, des soi-disant gens du sud, nous venons du nord, ou, si vous voulez, du nord du sud, dont la capitale est la ville de PORTO.

Ceci pour vous expliquer que cette bande de mangeurs de tripes, à laquelle j'ai la fierté d'appartenir, est montée à Bruxelles pour vous dire, Pascale et Fernando, qu'on vous aime et que l'on est particulièrement heureux de partager aujourd'hui et ici votre bonheur.

Les gens de Porto, comme moi et comme Fernando, sont des braves gens, des honnêtes gens, mais nous avons le défaut de parler franchement, directement, quelques fois même brutalement, avec un brin d'ironie et quelques poussières de provocation.

Soyez donc tolérants, je vous en prie, si par hasard je dérape ici ou là, mais, voyez-vous, nous aimons tous vivre dangereusement.

Pourtant, je suis convaincu que vous et nous avons pas mal de traits communs comme le prouve le fait que nous avons été capables, chacun de son côté et au moment approprié, de bien bouter les fesses du Duque d'Albe en dehors de nos terres et ainsi récupérer notre identité.

Je dois vous avouer ceci:
Depuis que j'ai su de votre décision de vous vous présenter devant le maire d'Ixelles, il y a eu une question qui me trottait dans la tête pendant des semaines.

Je crois avoir finalement trouvé la bonne réponse à cette question, mais pour y arriver j'ai du éliminer d'autres scénarios.

La question était la suivante: Pourquoi?
Fallait-il, vraiment?

Une explication plausible serait celle-ci: Pascale aurait conclu, à la lumière des sondages français, qu'elle aurait prochainement besoin d'une épaule solide pour pleurer amèrement la plus que probable défaite de Ségolène Royal.

Une autre hypothèse découlait des récents travaux législatifs du Parlement fédéral belge, qui vient de voter cette semaine des modifications radicales du régime de mariage de façon à éliminer la notion de faute en cas de divorce. Dorénavant, donc, quand Pascale et Fernando iront au cinéma et se rendront compte que la salle affiche complet, qu'il n'y a plus de place, ils pourront toujours se dire, comme le Philippe Geluck portugais:
"Zut, c'est pas grave! Tiens, allons divorcer à côté."

Or, c'est en lisant plus attentivement votre aimable invitation que je me suis rendu compte que j'avais tout faux. Pascale et Fernando nous ont invité à les rejoindre dans ce club de tennis parce que ce n'était plus un set que l'on pourrait perdre ou gagner, c'était le match point de leur vies qu'ils allaient emporter. C'est le grand schlem qu'ils visent.

Je me souviens de Fernando, assis à la table de sa chambre d'étudiant à Lisbonne, écrivant à son père une lettre enflammée et émouvante dans laquelle il lui demandait de ne pas se faire des soucis à cause de l'examen qu'il venait d'échouer, de rater.

Il m'a lu l'extrait de cette lettre où il disait comme un général: " j'ai perdu une bataille mais je vais gagner la guerre!"

Il n'avait pas tort: sa brillante carrière à la Commission et son immense prestige auprès de ses pairs sont là pour le confirmer.

Quand il m'a parlé de votre mariage, Pascale, j'ai reconnu les mêmes yeux pétillants et la même ferme émotion du jeune étudiant de Droit.

Ainsi donc, il n'y a plus de mystère: Pascale et Fernando ont tout simplement découvert qu'il arrive un moment ou l'or appelle de l'or et où l'on sait qu'il faut remplacer nos illusions par de l'éspoir, ce qui est non seulement beau mais aussi sage, et en parlant de sagesse, disons-le en passant, c'est aussi une bonne surprise en ce qui concerne Fernando.

Ceci étant, Pascale, si demain il y ait encore des gens qui auraient le culot de te reposer la même question, "pourquoi?", tu pourras toujours leur répondre comme Montaigne:

"Parce que c'était lui ; parce que c'était moi"


Je vous souhaite tous les bonheurs du monde.

À votre bonheur, à votre amour et à notre amitié!

Sem comentários: